Château du GRAND BOS
Passe dans la catégorie des Premiers Grands
Vins Classés. Un propriétaire passionné que j'apprécie depuis longtemps. Depuis le XVIIe siècle, la vieille famille des Crozilhac, bourgeois de
Bordeaux, seigneurs de Lecscaley et de Laguloup dont les armes sont d'azur au chevron d'
or accompagné de trois coquilles du même, deux en chef, une en pointe, avait développé la culture de la vigne dans son domaine du Grand Bos qu'elle a possédé depuis la fin du XVIe siècle jusqu'en 1830. En 1771, la demeure a été rénovée et les communs agrandis et surhaussés pour y faire, dans les meilleures conditions, un vin déjà réputé de la paroisse de Castres-en-Guyenne. Féret, dans son ouvrage
Bordeaux et ses
Vins, le classait déjà en 1868 en tête des
crus de la commune comme il le fait encore aujourd'hui. Il est situé dans les
Graves de
Bordeaux qu'André Jullien, dans sa Topographie de tous les vignobles connus parue chez l'auteur, à Paris, en 1816, définissait comme "des terrains graveleux qui entourent de trois côtés la ville de
Bordeaux et s'étendent à 10 km au nord-ouest jusqu'à la petite rivière de La Jale, à 8 km à l'ouest dans les terres, et à 18 km au sud-est jusqu'à la ville de Castres, près de la rive gauche de la Garonne. Cette petite contrée fournit des
Vins rouges qui sont en général plus colorés, plus corsés, et plus
spiritueux que ceux du Médoc, mais avec moins de
bouquet et de sève. Ils ont besoin de rester plus longtemps en fûts avant d'être mis en
bouteilles dans lesquelles ils se conservent ensuite fort longtemps." En 1988, André Vincent, précédemment propriétaire du château La Haye, Cru Bourgeois Supérieur de Saint-Estèphe-en- Médoc au
classement de 1932, achetait le Grand Bos qui ne faisait plus de vin depuis 1950. Après avoir restauré les bâtiments, planté, et surtout acquis de vieilles
vignes dans le prolongement de sa veine de grave profonde qui redouble la chaleur du soleil et qui est posée sur une assise
calcaire tertiaire, il a équipé la propriété en matériel moderne. À la suite d'extensions successives des
chais et cuviers en 1992, 1996 et 2000, il a donné à l'exploitation sa physionomie actuelle en 2004 et 2005, par la construction d'un chai souterrain d'une capacité de 500
barriques, et par la réhabilitation du cuvier primitif, désormais au service d'un vignoble couvrant 18,30 ha sur une superficie totale de près de 42 ha. La première vendange de la propriété renaissante est intervenue en 1992. André Vincent les a présentés à des concours : en 1994, une médaille d'
or au Concours général agricole de Paris pour le millésime 1992 rouge ; en 1995, une médaille d'Argent aux Awards de Chicago et une médaille d'Argent au Concours des
Vins de
Bordeaux pour le millésime 1993 ; en 1996 une médaille d'
or à Paris pour le millésime 1994 ; en 1997 un médaille d'Argent à Paris pour le 1995. Démonstration étant ainsi faite de la régularité des millésimes, les
Vins n'ont plus été présentés par la suite. Remarquable
Graves 2007, intense en
couleur comme en arômes,
tannique, très prometteur avec des notes de petits
fruits rouges surmûris et d'épices,
charnu comme il le faut. Le 2006 mêle concentration
aromatique, rondeur des
tanins et persistance en bouche, avec ces notes de cuir et de
fruits légèrement
cuits, d'excellente évolution. Le 2005, charpenté, avec ces notes bien marquées de cerise mûre, de poivre et de musc, de bouche
souple et fondue, aux
tanins très équilibrés et enrobés, est un vin avec beaucoup de matière, de belle
garde. Le 2004, aux arômes de
fruits rouges
cuits, de truffe, d'épices et de sous-bois, est un vin ample, d'un remarquable équilibre en bouche, avec beaucoup de matière, de
garde, naturellement. Le 2003 est un vin puissant, aux
tanins fermes et bien équilibrés, aux notes de griotte mûre. Le 2002 est de
robe rubis pourpre,
charnu, savoureux, un vin qui allie intensité et souplesse, de bouche fondue où domine le pruneau confit, d'excellente évolution. Le 2001, de belle
robe sombre, est un vin de bouche puissante et dense, aux connotations caractéristiques de petits
fruits mûrs légèrement épicés (griotte,
cassis...) et de réglisse. Beau 2000, parfumé, qui associe
couleur et matière, au
nez complexe à dominante de
fruits frais et d'
humus, qui évolue parfaitement. Pas la moindre hésitation.
André Vincent